Une relève engagée et passionnée pour le bio d’ici!

Une relève engagée et passionnée pour le bio d’ici!

S’il y a 50 ans, prendre la relève d’une ferme familiale, était bien souvent une nécessité, aujourd’hui, les jeunes s’engagent et se forment à ces métiers par goût personnel et par passion. Ils ont une approche bien différente, leur bien-être et celui des animaux sont devenus au centre de leurs préoccupations.

Manipuler la paille, habituer les porcs à la présence humaine pour diminuer leur stress, aborder différemment leur nourriture ou encore resserrer la biosécurité pour les élever sans antibiotiques deviennent des pratiques courantes pour la nouvelle génération qui a la chance d’être formée à ces techniques. « Pour Les Viandes du Breton, c’est une bonne nouvelle, car le besoin est grand dans le domaine biologique, » mentionne Julie Lamontagne, conseillère en communication chez duBreton, le plus important producteur de porcs biologiques en Amérique du Nord.

Des nouvelles valeurs 

Produire des porcs biologiques, c’est se soumettre à une certification rigoureuse. On ne passe pas en un clin d’œil d’une exploitation porcine traditionnelle à une entreprise biologique. Les délais de transition vers le bio vont de 12 mois pour l’élevage seulement à 3 ans si le producteur souhaite aussi obtenir une certification biologique pour ses cultures.

Le respect de l’environnement est à la base de ce mode de production, tout comme le bien-être animal. Les porcs, incluant les truies dans les maternités, sont élevés sans cage, sur litière et avec un accès à l’extérieur. Ils sont nourris de grains végétaux certifiés biologiques, sans OGM, sans sous-produits animaux et, bien sûr, l’utilisation d’antibiotiques est bannie. Des conditions de production qui sont de nature à séduire une relève plus jeune et souvent plus sensible à la protection de l’environnement, au bien-être animal et au développement durable.

En plus de la transformation des bâtiments, beaucoup de technologies ont été introduites sur la ferme afin d’avoir un meilleur contrôle sur l’alimentation, la consommation d’eau, etc. Tout est contrôlé et surveillé à distance, ce qui permet de réagir rapidement en cas de problème, puisque soit l’éleveur, soit l’intégrateur reçoit les informations en temps réel.

Un mode de production exigeant mais valorisant

Dany Leblanc qui élève environ 6000 porcs en Mauricie a vécu cette transition dès avril 2016. Il fait mention de la formation qui lui a été nécessaire pour se familiariser à ce nouveau mode de production. C’est en pensant au bien-être de ses animaux qu’il s’est embarqué dans cette aventure, encouragé en cela par l’équipe technique de l’entreprise Les Viandes du Breton.

« C’est plus facile de se lancer dans ce nouveau type de production alors qu’on est en début ou milieu de carrière. Ma conjointe et moi l’avons fait alors que nous étions dans la quarantaine, pas sûr qu’à cinquante ou cinquante-cinq ans, nous aurions eu le courage de faire la transition », précise Dany Leblanc, gérant de l’entreprise. Les investissements nécessaires, le temps et l’énergie pour apprendre ces nouvelles techniques demandent en effet un grand engagement des éleveurs.

À l’écoute de leurs animaux, les jeunes producteurs seraient davantage ouverts aux nouvelles méthodes de production. « Si j’ai un conseil à donner à un producteur qui veut se lancer dans l’élevage du porc biologique, c’est de ne pas avoir peur du travail ! C’est sûr que de changer régulièrement les litières, de sortir les animaux, demande plus d’ouvrage, mais voir s’épanouir ses animaux, ça vaut vraiment la peine. Nous sommes heureux d’avoir fait cette transition et nous ne reviendrions jamais en arrière », affirme Dany Leblanc.

« Nos animaux sont plus affectueux, moins peureux lorsque nous les approchons. C’est une grande satisfaction de les voir ainsi », ajoute Geneviève Bernèche, propriétaire de l’entreprise.

Une voie d’avenir intéressante 

Depuis quelques années, les parts de marché du porc biologique ne cessent de croître. Les consommateurs veulent des viandes de qualité, goûteuses, produites dans le respect de l’environnement et du bien-être des animaux.

Au Québec, la forte demande actuelle en porc biologique incite des producteurs de porc à entreprendre une transition vers ce mode de production. Par exemple, duBreton, leader en production porcine biologique en Amérique du Nord, a décidé que toutes ses nouvelles fermes seraient construites aux normes biologiques et que les fermes existantes seraient graduellement transformées afin de mieux satisfaire la demande du marché biologique.

La pression des marchés pour les viandes biologiques ouvre ainsi de nouvelles occasions d’affaires à une nouvelle génération de producteurs de porcs dans un mode de production qui présente de nombreux attraits pour eux sur le plan de l’élevage et des pratiques agricoles.