Repenser son alimentation !

Il y aurait eu disparition de 50 % des vertébrés dans le monde au cours des 40 dernières années, de 80 % des insectes volants en Europe depuis 30 ans et de 30 % des oiseaux en Europe, également depuis 30 ans. 

Selon M. Cyril Dion, coréalisateur du film Demain qui a connu un succès planétaire, cette crise environnementale sans précédent nous donne un signal sur l’urgence d’agir.

On doit se mobiliser!

Devant une telle situation, M. Dion nous propose différentes actions à faire au jour le jour, dans son essai récent intitulé Petit manuel de résistance contemporaine. Il en souligne quelques-unes dans une entrevue menée par Stéphan Bureau à l’émission Médium large de Radio-Canada, le 17 juillet 2018.

Pour lui, il est important que de plus en plus de personnes se mobilisent pour poser des gestes concrets et commencer à changer le monde, petit pas par petit pas. Comme citoyens de cette planète, nous ne pouvons certes rester indifférents à l’effondrement écologique qui nous guette.

Au cours de l’entrevue, l’auteur nous parle de l’importance de changer les récits collectifs pour en commencer de nouveaux mieux adaptés à notre réalité d’aujourd’hui. Voir la réalité en face permet en effet de faire des choix qui vont nous sortir de notre impuissance et nous redonner de l’espoir.

Dans ce contexte, M. Dion a lui-même adopté des comportements responsables, dont celui d’une alimentation biologique et locale, en autant que possible.

Repenser l’alimentation et l’agriculture

Penser son alimentation autrement en y intégrant des valeurs environnementales est un premier pas déterminant pour prendre soin de notre belle planète. En ce sens, l’auteur souligne l’importance de se rassembler autour de nouveaux récits pour enclencher de réels changements collectifs.

Si nous appliquons ce concept du récit au Québec, nous prenons conscience que notre récit alimentaire tourne depuis longtemps autour du « panier d’épicerie le moins cher ».

Or, ce récit devient un piège qui nous enferme dans une fausse croyance à l’effet que « le produit le moins cher est toujours le meilleur choix ». Cette vision économique du profit à court terme peut avoir pour conséquence de rendre difficile toute initiative en production alimentaire voulant prendre en compte la qualité de l’environnement.

Pour lutter contre l’effondrement écologique, nous devons donc repenser et faire différemment l’agriculture.

Dans ce contexte, l’agriculture biologique peut contribuer significativement à un écosystème en santé en privilégiant un système de rotation de cultures qui va générer un maximum de diversité, ainsi qu’une non-utilisation de pesticides, d’herbicides et d’engrais chimiques de synthèse, qui va contribuer grandement à la qualité des sols et des cours d’eau.

Opter pour l’alimentation biologique, c’est donc s’engager dans sa communauté de façon solidaire pour un avenir meilleur.

Un premier pas : consommer bio et local

Consommer bio et local, c’est un choix payant non seulement sur un plan individuel pour préserver au mieux sa santé, mais également pour la collectivité qui en bénéficie sur plusieurs plans.

L’avenir de vos enfants et petits-enfants vous tient à cœur? Participez à un mouvement qui va permettre d’éviter des coûts élevés de dépollution aux générations futures tout en contribuant à l’essor de l’économie locale, avec des emplois et des produits à valeur ajoutée.

Au Québec, ce mouvement est déjà bien enclenché. La moitié de la population consomme déjà occasionnellement des aliments bio et 20 % de ces consommateurs le font sur une base quotidienne.

Ce changement de comportement est donc tout à fait à notre portée. Il s’agit simplement d’augmenter graduellement son volume d’achat de produits bio d’ici, d’en parler à sa famille et à ses amis et de manifester clairement son appui à l’agriculture biologique pour contribuer à un changement écologique important.

Sortir de nos conditionnements, ça demande toujours du courage et de la détermination. Mais, au bout du compte, ça en vaut largement le coup, car le bonheur collectif n’est pas lié à notre pouvoir de consommation mais bel et bien à notre qualité de vie globale.

Un deuxième pas : soutenir la communauté bio du Québec

Vous voulez agir? Faites un 2e pas en vous abonnant à l’infolettre et à la page Facebook de QuébecBio pour vous tenir au courant des actualités du bio et faire partie d’une communauté qui a des valeurs que vous partagez.

Plus nous serons nombreux et nombreuses à reconnaître l’agriculture bio comme l’une des façons bien concrètes de contrer la menace d’une crise écologique sans précédent et de prévenir des problèmes de santé, et plus nos proches et nos dirigeants agiront dans le même sens.

Imaginez…

Imaginez… à quoi pourrait ressembler l’environnement si de nombreux consommateurs adhéraient à l’idée de consommer davantage de produits bio locaux.

Imaginez… à quoi pourrait ressembler la santé et la vitalité des individus si la production et la transformation des aliments se faisaient davantage en mode biologique.

Imaginez… à quoi pourrait ressembler le patrimoine forestier et la biodiversité si le bio gagnait encore du terrain dans nos érablières et dans nos champs.

En somme, imaginez… à quoi pourrait ressembler une société axée sur un mode de vie combinant écologie, plaisir et santé.

 

Sources : Médium large, Stéphan Bureau, entrevue avec M. Cyril Dion, 17 juillet 2018

Cyril Dion, Petit Manuel de Résistance Contemporaine – Il faut agir mais comment ?