Le glyphosate inquiète. En bio, on mise sur le principe de précaution!

Alors même que la France veut interdire les herbicides à base de glyphosate d’ici trois ans, Santé Canada vient de renouveler son autorisation d’usage au Canada pour quinze ans. Pourtant, non seulement ces herbicides  peuvent avoir des effets nocifs sur l’environnement, mais le Centre international de recherche sur le cancer lié à l’Organisation mondiale de la santé considère comme probable que le glyphosate soit cancérigène chez l’être humain. Devant cette controverse, appliquer le principe de précaution dans notre alimentation en consommant des aliments biologiques peut certes représenter un choix judicieux.

Dans une entrevue faite à Radio-Canada en janvier 2019, Mme Louise Vandelac, chercheure et professeure titulaire à l’UQAM, en plus d’être directrice de recherche écosanté sur les pesticides, confirme que l’usage des herbicides à base de glyphosate aurait augmenté de 250 % dans les 40 dernières années, ce qui en fait l’herbicide le plus utilisé au monde.

Mme Vandelac nous rappelle que ce type d’herbicide est présentement utilisé dans 44 % des cultures québécoises et qu’on peut en détecter la présence dans 95 % des cours d’eau au Québec. Elle souligne qu’il existe une étroite corrélation entre les herbicides à base de glyphosate et les cultures génétiquement modifiées, comme le maïs, le soja et le canola, puisque ces plantes sont conçues pour absorber ces herbicides sans en mourir.

Comme le Canada est le 4e plus grand utilisateur de pesticides chimiques de synthèse au monde, après la Chine, les États-Unis et l’Argentine, il est donc légitime de se questionner sur les conséquences que l’utilisation répandue de cet herbicide peut avoir tant sur la qualité de l’environnement que sur la santé. Selon Mme Vandelac, une recherche indépendante à ce sujet est prioritaire pour y voir plus clair, puisque la norme canadienne liée à son utilisation serait 2 800 fois plus élevée que la norme européenne.

Dans ce contexte d’incertitude, le choix de consommer des aliments issus du mode de production biologique représenterait donc une voie de solution intéressante, puisque les normes bio interdisent à la fois l’usage des herbicides à base de glyphosate et l’utilisation de semences génétiquement modifiées.

C’est donc une garantie fiable pour les consommateurs et consommatrices qui veulent appliquer le principe de précaution tant sur le plan environnemental que sur celui de la santé.

Oui, le bio d’ici, ça vaut le coût pour l’environnement et la santé!

Sources :

Radio-Canada, Doit-on craindre les herbicides à base de glyphosate?, janvier 2019

Le Devoir, Glyphosate: Santé Canada fait fi de l’opposition des groupes environnementaux, janvier 2019

Le Journal de Montréal, Traces d’herbicide dans les céréales et barres tendres, août 2018