Le bio, marketing vert ou réelle garantie?

À l’heure où les questions sur l’environnement et la santé prennent davantage de place dans la sphère publique, l’achat de produits bio est maintenant considéré comme une option intéressante par un plus grand nombre de consommateurs.

On observe d’ailleurs que 10 % de nouveaux consommateurs par année font le choix de consommer bio.

Pourtant, dans un contexte où l’on continue de nous vendre les attraits du « panier d’épicerie le moins cher », payer une prime pour des aliments bio apparaît encore injustifiable pour certaines personnes qui peuvent penser qu’il s’agit seulement de « marketing vert ».

Il est donc important de bien connaître les garanties offertes par le bio d’ici pour avoir l’assurance que la plus-value de ce type de produits est bien réelle.

Protection de la mention «Biologique»

Première province à avoir adopté une loi et une réglementation pour encadrer le bio, le Québec peut être fier du chemin parcouru.

En effet, c’est depuis l’an 2000 qu’un système public obligatoire permet l’application de contraintes et de pénalités afin de faire respecter les règles et normes qui s’appliquent à la protection de la mention biologique. C’est le point de départ et le fondement d’un système de contrôle solide et fiable.

Sur le territoire québécois, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) est responsable de l’application de la loi et de la réglementation biologique. Ainsi, nul ne peut utiliser la mention biologique, s’il ne respecte pas les règles en vigueur dans son secteur d’activité.

Respect d’un cahier des normes obligatoires

Les entreprises qui mettent en marché des produits biologiques doivent appliquer un cahier des normes qui comprend des pratiques en agriculture et en transformation reconnues parmi les plus performantes sur le plan environnemental.

Par exemple : en agriculture biologique, les herbicides sont remplacés par des sarclages mécaniques et manuels; le compost, les engrais verts et naturels se substituent aux engrais chimiques de synthèse et les stimulateurs de croissance sont remplacés par des périodes d’élevage plus longues.

Par ailleurs, en transformation alimentaire, les colorants artificiels et agents de conservation synthétiques sont remplacés par des substances naturelles.

Un principe de précaution rassurant

Au cours des dernières années, il y a eu une remise en cause de l’utilisation de plusieurs substances en agriculture ainsi qu’en transformation alimentaire. Il est donc rassurant de savoir qu’en bio, plus que dans tout autre mode de production, on applique le principe de précaution, qui consiste à ne pas utiliser des substances dont l’impact à moyen et long terme n’a pas été clairement établi.

Le cahier des normes qui régit la production et la transformation en bio comprend une liste des substances permises et une liste des substances interdites, le but étant d’utiliser les substances les moins nocives pour l’environnement et d’interdire celles qui sont reconnues comme étant réellement nocives.

C’est ainsi qu’il est possible d’exercer un réel contrôle pour s’assurer qu’il n’y a pas d’utilisation de pesticides et d’herbicides chimiques de synthèse, de fertilisants de synthèse, d’hormones de croissance, d’OGM et de colorants artificiels.

Une vérification indépendante

Au Québec, les certificateurs indépendants, comme Ecocert et Québec Vrai, déploient près de 60 inspecteurs pour vérifier si les 2 700 entreprises dont les produits sont certifiés bio respectent bien les exigences du cahier des normes.

Ainsi, près de 4 000 visites annuelles sont faites dans les entreprises. À cela, il faut ajouter plus de 150 visites-surprises. Ces visites sont l’occasion pour les inspecteurs de vérifier minutieusement les registres et les installations des entreprises, toujours en fonction du respect des normes.

Le bio, une réelle garantie pour les consommateurs

La rigueur et l’efficacité du système de contrôle de la mention biologique sont des gages d’une plus-value réelle des aliments bio d’ici.

C’est donc avec raison qu’un nombre croissant de consommateurs font le choix du bio d’ici, en accord avec leurs valeurs. Ces consommateurs jugent qu’être bien avec son assiette, avec l’assurance de contribuer à préserver l’environnement, de faire de la prévention en santé et de participer à l’économie locale, ça vaut le coût!

Source: QuébecBio, mars 2019