Des concessions des agriculteurs pour protéger leurs cultures bio

Comment les producteurs agricoles sous régie bio procèdent-ils pour prévenir et protéger leurs cultures des risques de contamination croisée générés par des dérives de pesticides ou d’OGM provenant d’autres champs agricoles ?  Cette question d’intérêt général régulièrement soulevée par les consommateurs mérite une explication. 

Rappelons d’abord que les producteurs d’aliments bio font beaucoup d’efforts pour respecter les normes biologiques qui interdisent l’utilisation de pesticides chimiques de synthèse et d’OGM.  Ils doivent donc prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les effets pervers de la contamination croisée dans leurs cultures. 

En conséquence, les normes prévoient l’aménagement de bandes tampons d’au moins huit mètres de largeur dans les cas où les champs avoisinants ne sont pas sous régie bio. Cette bande peut s’étendre en fonction de l’évaluation d’un risque plus élevé, par exemple s’il y avait une usine polluante à proximité. Cette concession des producteurs est importante, car elle se traduit par des pertes de superficies de cultures et donc de revenus. 

Ce qu’est une bande tampon

Concrètement, une bande tampon peut prendre différents aspects, comme celui d’une haie ou encore d’un brise-vent végétal.  Un inspecteur mandaté par un organisme de certification évalue les risques potentiels pour être en mesure de confirmer que la haie ou le brise-vent constituent des zones tampons adéquates. Par ailleurs, une route permanente, un chemin de ferme, des obstacles naturels tels qu’un boisé ou un ruisseau peuvent également être approuvés comme zones tampons.   

En somme, le choix des méthodes utilisées ainsi que la démonstration de leur efficacité reposent sur les dirigeants de l’entreprise et l’organisme de certification doit ensuite en faire l’approbation. 

La contamination croisée: une responsabilité partagée

Certes, l’agriculture biologique n’est pas complètement à l’abri de sources indirectes de contamination, mais les efforts déployés minimisent grandement les risques de résidus dans les aliments.  C’est pourquoi en bio, on parle davantage de faibles traces plutôt que d’une concentration de résidus de contaminants. 

Pour améliorer encore la situation à cet égard, la responsabilité devra reposer davantage sur des règles de cohabitation entre les entreprises de cultures bio et de cultures non-bio. 

Source: QuébecBio, février 2020