Le bio a le vent dans les voiles

aliments biologiques

Le bio a le vent dans les voiles

Les aliments biologiques ont la cote. Bien qu’ils ne représentent environ que 5 % de la consommation totale d’aliments, la croissance de leur consommation est impressionnante. Elle se situerait entre 9 et 10 % par année. Au Canada, le secteur du biologique génère des revenus de quatre milliards de dollars. Forte de ce succès, la Filière biologique du Québec (organisme qui chapeaute le secteur du bio) a lancé récemment la campagne « Le bio, ça vaut le coût ». Elle a pour but de valoriser et de promouvoir les aliments biologiques québécois.

La campagne vise plus spécifiquement à augmenter la régularité des achats d’aliments biologiques québécois pour qu’ils deviennent des produits de consommation quotidienne. On souhaite aussi faire valoir l’apport du bio au chapitre de la protection de l’environnement.

Un sondage révélateur

Un sondage datant de 2013 (un nouveau sera bientôt dévoilé) confirmait déjà le grand intérêt des consommateurs québécois pour le bio. Selon cette étude, 56 % des répondants ont affirmé consommer du bio. Parmi ces gens, 18 % en consomment tous les jours et 38 % toutes les semaines. Le tiers des répondants le faisait depuis plus de cinq ans et le quart, depuis trois à cinq ans. Les raisons pour acheter bio étaient multiples. Un peu plus de quatre répondants sur cinq le faisaient pour des raisons de santé, 80 % pour encourager l’économie locale et 63 % pour le goût qu’ils considèrent comme supérieur à celui des produits non bio. Alain Rioux, directeur général de la Filière, croit que le nouveau sondage en préparation révèlera des chiffres encore plus significatifs.

Les jeunes au rendez-vous

Bien que les plus grands consommateurs d’aliments bios se situent dans la tranche d’âge de 45 à 65 ans (motivés par le désir de réduire leur exposition à une panoplie de contaminants), les adultes de 30 à 45 ans représentent le groupe de consommateurs le plus désireux d’acheter bio. « Ces jeunes adultes sont aussi très sensibles à la nécessité d’acheter des produits qui n’ont pas voyagé des milliers de kilomètres avant d’aboutir dans leur assiette, dit Daniel Dubé, président de la Filière biologique du Québec et principal artisan du déploiement des 13 épiceries-santé Rachelle-Béry du Québec. La Filière travaille donc à offrir aux consommateurs un nombre croissant d’aliments produits et transformés ici. » M. Dubé juge cet intérêt des jeunes pour le bio très encourageant et porteur pour l’avenir.

Une offre en hausse

L’intérêt pour le bio se reflète aussi dans le nombre de produits offerts dans les épiceries. Entre 2010 et 2016, la hausse a été remarquable, passant de 4000 à 7500, soit près 800 nouveaux produits chaque année. Cela représente une augmentation de 88 %

Le nombre d’entreprises est aussi un indice de la vitalité du secteur. En 2003, il y avait 325 entreprises de production et de transformation dans le bio. Treize ans plus tard, en 2016, on en comptait 1500 !

La multiplication des points de vente du bio est la suite logique de ces indicateurs. « Les enseignes Rachelle-Béry, Avril et Tau ouvrent de nouveaux magasins régulièrement, dit M. Dubé. Par exemple, parmi les 13 épiceries Rachelle-Béry, six ont ouvert au cours des trois dernières années. La surface de plancher des épiceries est aussi en croissance, car elle s’adapte à la quantité croissante de produits offerts. Ainsi, Rachelle-Béry a vu la superficie de ses épiceries doubler, ces dernières années, passant de 6000 à 12 000 pieds carrés. » M. Dubé qui est aussi propriétaire d’une épicerie Rachelle-Berry à Saint-Sauveur, souligne qu’on peut maintenant faire une épicerie complète dans ces magasins, allant des fruits et légumes aux céréales et aux viandes.

À ces épiceries spécialisées, il faut ajouter le nombre croissant de supermarchés qui accordent un espace aux aliments biologiques.

Secteur en effervescence

Selon Alain Rioux, les cinq secteurs du bio (fruits et légumes, produits laitiers, viandes, produits de l’érable et les grains) connaissent tous une grande croissance. Et pour le prouver, M. Rioux donne quelques exemples. « Dans le secteur des grains, l’entreprise La Milanaise vient d’ouvrir une importante usine à Saint-Jean ; dans le lait, on compte 110 producteurs bios, et ils ont pour objectif de doubler leur production d’ici 2024. La fromagerie bio L’ancêtre exporte d’ailleurs beaucoup de ses produits ailleurs au Canada. Dans les viandes, le producteur et transformateur de porc Du Breton exporte beaucoup de ses produits bios vers les États-Unis. Dans le secteur des fruits et légumes, le réseau d’Agriculture soutenue pour la communauté d’Équiterre connaît une croissance soutenue et le Groupe Bonduelle [présent notamment dans le secteur des légumes surgelés] a pour objectif d’avoir 10 % de produits bios d’ici deux ans. Le Groupe achète déjà beaucoup de légumes bios québécois. Enfin, un grand nombre d’acériculteurs adhèrent à la norme bio, car elle leur permet de protéger leur actif en préservant la biodiversité de leur forêt et en contrôlant le nombre d’entailles par arbre. »

Une croissance encouragée par le gouvernement

Depuis quelques années, le MAPAQ encourage le développement de la filière biologique. Un des aspects importants de cette stratégie a été le lancement du Programme d’appui pour la conversion à l’agriculture biologique. Ce programme, qui s’étend de 2015 à 2022, a pour objectif d’augmenter l’offre de produits agricoles biologiques au moyen d’une aide financière aux agriculteurs désireux de se convertir à la production biologique et d’entreprendre le processus de certification. L’aide est proposée pour une panoplie de productions : maraichère, apicole, acéricole, culture en serre, etc.

Cette forme de soutien donne des résultats concrets. « En 2016, un nombre sans précédent de 450 entreprises ont fait une demande pour entreprendre une pré-certification », dit Alain Rioux.

Selon M. Dubé, le gouvernement et l’Union des producteurs agricoles ont poussé à la roue pour développer le bio. « Le marché est là, grossit et, si les producteurs d’ici ne le prennent pas, ce sont les producteurs étrangers qui vont le prendre. »

Sources : Le Devoir – Stéphane Gagné – Le bio a le vent dans les voiles – 18 mars 2017

Photo : Istock

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2 Commentaires
  • Pauline Lysight

    26 mars 2017 at 13 h 26 min Répondre

    Très intéressant.

    • lequebecbio.com

      15 mai 2017 at 8 h 33 min Répondre

      Merci de votre intérêt pour le bio! Nous vous invitons à vous abonner à notre infolettre pour recevoir les actualités du bio d’ici!

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